Analyste SOC : se former chez Orange Cyberdefense


Lauriane Vidot a d’abord étudié les réseaux et télécommunications à La Réunion avant de rejoindre la métropole pour devenir ingénieure réseau. En 2017, elle rejoint le centre de formation d’Orange Cyberdefense et devient analyste SOC. Voici son parcours et ses ambitions pour l’avenir.

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C’est à la suite d’un bac scientifique que Lauriane se lance dans des études d’informatique. « J’avais déjà un attrait pour ce domaine et je souhaitais me diriger vers un métier qui nécessiterait la pratique régulière de l’anglais. Aussi, c’était important pour moi d’évoluer dans un secteur où il y avait des débouchés », entame la jeune femme. Pragmatique, réfléchie, Lauriane ne semble pas être le genre de personnalité à agir sur un coup de tête. De chaque contexte, elle sait tirer le meilleur parti, avec intelligence et maturité. Quand beaucoup démarrent leur parcours professionnel avec un but précis, Lauriane, elle, l’a construit pas à pas, étudiant chaque fois toutes les possibilités qui s’offraient à elle.

Découverte de l’informatique à La Réunion

« J’ai commencé par un DUT spécialisé sur les réseaux et télécommunications parce que je voulais faire des études d’informatique à La Réunion, là où j’ai grandi et je vivais à l’époque. C’était le seul cursus qui convenait à mes attentes », se souvient-elle. Dans le cadre de son DUT, elle effectue un stage de huit semaines au sein d’une entreprise où elle réalise un inventaire informatique, étudie la configuration des salles et pose elle-même les câbles réseaux. « J’étais la première femme à faire un stage dans ce domaine dans cette société », se rappelle Lauriane avant d’ajouter : « Ça été une très belle expérience. Les salariés avaient à cœur de partager leurs connaissances, j’ai beaucoup appris ». Dans sa classe, les jeunes femmes ne sont que six, pour quarante jeunes hommes. « Quand j’ai vu la répartition filles-garçons, j’ai eu une petite appréhension. Au final, nous avons été intégrées comme les autres et le genre n’a jamais été une difficulté », rassure-t-elle.

Son DUT en poche, elle décide d’entrer en classe préparatoire aux concours des écoles d’ingénieurs. « Là, j’ai connu un autre rythme de travail. Le cursus que j’ai suivi condensait deux années de prépa en une. Je travaillais tout le temps. C’est simple, pendant cette année, je n’ai pas eu de vie », sourit-elle. Lauriane se prend au jeu et travaille d’arrache-pied. « La prépa m’a permis de redécouvrir des matières que je n’avais pas assez étudiées en DUT, comme l’électronique ou même la philosophie. J’ai saisi cette opportunité pour développer une vraie curiosité intellectuelle », explique-t-elle.

Le choix de la métropole

Les classes préparatoires ont un fonctionnement particulier : c’est le classement obtenu aux examens de fin d’année qui ouvre (ou ferme) les portes de certaines écoles aux élèves. Cette pression, Lauriane ne l’a nullement subie, car sa stratégie était toute autre : « Mon classement de fin d’année n’avait pas d’importance pour moi. Les écoles que je visais ne faisaient pas partie de la liste de celles proposées par ma classe prépa », raconte-t-elle. Bien avant la fin de l’année, elle démarche par elle-même plusieurs écoles. Celle qu’elle vise particulièrement ? L’Ecole supérieure d’ingénieurs en électrotechnique et électronique (ESIEE) de Paris, située à presque 10 000 km de La Réunion. « Quand j’ai fait mon premier stage, je me suis aperçue du gap entre ce que nous apprenions à l’école et la réalité du terrain. Il était donc important pour moi de suivre un apprentissage. Seulement voilà, à La Réunion, il n’y en avait pas dans mon domaine », explique-t-elle.

Son dossier plaît à l’ESIEE, qui l’invite à passer les sélections. C’est la première fois qu’elle met les pieds en métropole. Elle décroche le concours et profite de la semaine d’oraux pour rencontrer la personne en charge de l’accompagnement des apprentis de l’école. Pour suivre la formation, Lauriane doit trouver une entreprise prête à l’accueillir en tant qu’apprentie. « Cette personne m’a confirmé que l’apprentissage était un bon choix. Pour elle, c’était la voie de l’excellence. Par contre, le pari devenait risqué. Etre recrutée par une entreprise de métropole depuis La Réunion allait s’avérer compliqué », se souvient Lauriane.

Un coup de poker

Alors que les cours commencent, Lauriane n’a pas trouvé d’entreprise. Qu’à cela ne tienne, la jeune femme débarque à Paris « sans employeur ni logement », passe sa première nuit chez une connaissance et débute la formation avec l’espoir de trouver un apprentissage rapidement. « Je crois que j’étais tellement déterminée que je ne me rendais pas compte de la situation. Je me répétais que dans le pire des scénarios, je rentrerai à La Réunion, mais qu’au moins j’aurais tenté », affirme-t-elle. Le risque paie. Lauriane trouve un employeur qui confirmera son goût pour l’informatique. « J’ai adoré mon apprentissage. J’ai commencé par faire de la veille, avant de prendre de plus en plus de responsabilités jusqu’à mener un projet de développement web en binôme avec un membre de l’entreprise », raconte-t-elle. Son tuteur la prend sous son aile, la forme et l’amène peu à peu à travailler sur des problématiques de cybersécurité.

Pendant ses six derniers mois d’apprentissage, Lauriane prépare l’après. Elle sonde le marché, réfléchit à ce qu’elle pourrait faire ensuite. « Je voulais retrouver le contact avec les clients, que j’avais perdu depuis mon premier stage et surtout faire encore plus de technique », raconte la jeune femme. L’un de ses amis lui parle du centre de formation d’Orange Cyberdefense. Elle propose sa candidature aux équipes RH de l’entreprise présentes lors de la Nuit du Hack, est retenue et passe les sélections (deux entretiens ainsi qu’un test technique).

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A propos du blogueur

Après avoir suivi l’OCD Academy, Lauriane devient analyste SOC dans l’équipe « run ».

Forte de son apprentissage à l’ESIEE Paris et de son DUT R&T, elle analyse quotidiennement des alertes, les qualifie et conseille le client sur la bonne marche à suivre.

Orange Cyberdefense Academy

En octobre 2017, Lauriane intègre la toute première session de l’Orange Cyberdefense Academy qui forment des analystes SOC (security operation center). Quatorze recrues, sept de Paris et sept de Rennes, y étudient pendant un mois réparti comme suit : trois semaines de cours et une semaine d’immersion. La première semaine est dédiée à la présentation de l’entreprise, de l’univers de la cybersécurité et du métier d’analyste SOC. Les deux suivantes sont consacrées à l’apprentissage des technologies qu’ils utiliseront au quotidien. Lors de la dernière, Lauriane est placée en binôme, en conditions réelles de travail. « La formation a confirmé mon choix d’évoluer dans la cybersécurité. C’était encore mieux que ce que je pensais », s’enthousiasme-t-elle avant d’ajouter : « Orange Cyberdefense fonctionne un peu comme une start-up. Même les profils juniors sont écoutés au même titre que les plus anciens. C’est très appréciable ».

Ses conseils pour réussir la formation ? Etre capable d’absorber beaucoup d’informations en un temps restreint et être curieux. « Même sans compétences techniques poussées, on peut y arriver, mais il faut avoir quelques connaissances sur l’univers de la cybersécurité », détaille-t-elle.

Son quotidien d’analyste SOC

Lauriane a pour mission d’étudier les alertes remontées par son outil de SIEM (security information and event management). Elle les analyse, évalue leur niveau de dangerosité et propose une solution adaptée pour chacune. La jeune femme travaille toujours de concert avec les membres de son équipe, une dizaine d’autres analystes comme elle. L’échange avec ses collègues, c’est d’ailleurs l’une des choses qu’elle apprécie le plus dans son métier. « La montée en compétences se fait aussi au contact des autres. Nous nous nourrissons des connaissances de chacun, et travaillons en intelligence collective », décrit Lauriane. Aujourd’hui, la jeune femme gère à la fois des tâches fonctionnelles et techniques. Ce qu’elle voudrait ? Faire encore plus de technique et développer des compétences sur toute la chaîne de production : de la phase de construction (le build), à la phase de run (qu’elle gère actuellement).

Et La Réunion ? « Ça me manque énormément, surtout mes proches. Je n’exclus pas d’y retourner et pourquoi pas d’y créer mon entreprise », explique-t-elle. Avant de lancer ce projet, Lauriane préfère continuer à solidifier ses compétences et pourquoi pas, faire un petit détour par l’Angleterre. Comme chaque étape d’un parcours mené sans fautes, les prochaines ne feront sûrement pas exception, au Royaume-Uni, à La Réunion, ou ailleurs.